Pourquoi les hommes et les femmes sont jaloux pour des raisons différentes

Le mot « jaloux » fait immédiatement penser au chanteur Nick Jonas, pour deux raisons. D’abord, parce que son tube, « Jealous » a tourné en boucle sur toutes les radios au cours de l’automne dernier. Cette chanson évoque un jeune homme qui devient jaloux car sa petite amie est constamment draguée par d’autres hommes. Ensuite, parce que la plupart des jeunes filles sont, en fait, jalouses de la petite amie de Nick Jonas car elles aimeraient être à sa place.

Toutefois, le type de jalousie qu’éprouve Nick Jonas est différent de celle que ressentent les adolescentes qui l’idolâtrent. La recherche a montré que les hommes sont plus contrariés par la perspective d’une infidélité sexuelle, même s’il n’y a aucune connexion émotionnelle, comme
l’explicitent les paroles de sa chanson : « Parce que tu es si sexy, belle. Et tout le monde en veut un avant-goût ». Pour leur part, les femmes sont plus bouleversées par la perspective d’une infidélité émotionnelle, même si le sexe n’y a pas sa place, ce qui est cohérent avec le fait qu’elles veulent que leur homme les regarde droit dans les yeux, pas dans ceux de l’autre.

Une étude récente, publiée dans le journal  « Archives of Sexual Behavior » a tenté d’en savoir plus sur cette différence de jalousie en fonction du sexe.
David Frederick, de Chapman University, et Melissa Fales, de UCLA, ont cherché à savoir si une étude chiffrée de grande ampleur corroborerait cette découverte sur les relations hétérosexuelles.

Cette étude a concerné 63.894 hommes et femmes âgés de 18 à 65 ans. Outre les renseignements biographiques de base, leur historique en matière de vie de couple et des informations sur leur orientation sexuelle, les participants devaient dire (à l’aide de leur imagination ou à travers une expérience douloureuse) s’il étaient plus blessés par l’aspect sexuel ou émotionnel du fait d’avoir été trompés.

Un seul groupe de personnes a considéré que le fait que sa partenaire ait des relations sexuelles avec quelqu’un d’autre sans en tomber amoureuse était plus contrariant que l’inverse : les hommes hétérosexuels. Cela a été le cas pour 54% d’entre eux, pour 35% de femmes hétérosexuelles, 32% d’hommes homosexuels, 34% de lesbiennes, 30% d’hommes bisexuels et enfin pour 27% de femmes bisexuelles.

Pourquoi cette distinction ? A cause de l’évolution, répondent les chercheurs.

Autrefois, l’homme était plus concerné par le fait que sa femme reste sexuellement active parce qu’il n’y avait aucun moyen de vérifier si l’enfant qu’elle portait était de lui. Elever un enfant était pour lui un investissement en temps, en énergie et en ressources – il valait donc mieux qu’il soit leur enfant et non celui d’une rencontre de hasard. En d’autres termes, il allait donner à cet enfant tout ce qu’il avait, et devait donc être sûr d’assurer sa descendance.
L’infidélité émotionnelle, dans ce cas, paraissait beaucoup moins menaçante.

Une femme, d’un autre côté, est confrontée à la possibilité qu’un homme qui l’aide à élever son enfant les abandonne, réduisant les chances que cet enfant (et ses gènes à elle) survive. Si l’homme n’est pas attaché à elle émotionnellement – si son cœur est ailleurs -, il sera moins enclin à rester dans les parages.

Gardez à l’esprit cependant, qu’il est presque impossible de comprendre exactement comment la psychologie a évolué à travers les années, en raison des nombreuses différences culturelles et innovations techniques. Donc, l’évolution peut nous dire de manger la quantité de nourriture que nos mains peuvent en contenir – peu importe le nombre de calories -, mais guère plus, parce que nous sommes conscients de ce qui est bon ou pas pour nous.

Parce que les temps ont changé, les femmes n’ont plus « besoin » de dépendre des hommes. Il est de plus en plus en plus courant pour elles d’élever des enfants seules – même quand elles travaillent. Une étude intéressante s’est préoccupée de la manière dont les différences par sexe en matière de jalousie se sont transformées avec le temps. Ainsi, même si le nombre d’hommes hétérosexuels qui sont davantage contrariés par l’infidélité sexuelle est significativement plus élevé que celui des femmes hétérosexuelles, ce fossé était bien plus large il y a quelques années.

Il y a manifestement beaucoup plus de questions sur la table. Ces influences sont-elles aussi importantes si le couple projette d’avoir des enfants ? La théorie de l’évolution s’applique-t-elle à quelqu’un qui ne s’identifie pas comme hétérosexuel ? Il est clairement nécessaire
d’approfondir les recherches.

Les chercheurs ont noté qu’alors que les hommes semblent s’inquiéter de l’infidélité sexuelle dans la plupart des endroits dans le monde, les chiffres varient d’un pays à l’autre si on y regarde de plus près. Ceci suggère que des facteurs culturels, économiques et contextuels influencent la façon dont les hommes et les femmes réagissent à l’infidélité sexuelle« vs » l’infidélité émotionnelle.

Quoi qu’il en soit, ces découvertes sont passionnantes. Elles nous aident à mieux comprendre l’histoire de notre évolution – y compris la façon dont nous nous écartons du chemin que nous trace l’évolution. En y pensant, étant donné qu’elles ne connaissent rien d’autre de lui que sa jolie voix et son physique de jeune premier, la jalousie qu’éprouvent les adolescentes quand elles pensent à Nick Jonas pourrait bien être plus sexuelle qu’autre chose.

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